S’il y a bien un homme qui aime la France, c’est Jean Jaurès.
Fondateur du parti socialiste en 1901 et du journal l'humanité en 1904, il milite pour le respect de tous et met sa vie en danger pour défendre ses convictions.
Figure incontournable du militantisme de gauche, Jean Jaurès est un symbole puissant. Le respect qu’il impose à travers les années incita d’ailleurs le petit nabot jaune à s’en emparer lors des élections présidentielles :
- (…)Français, prompts à détester votre pays et son histoire, écoutez la grande voix de Jaurès: « Ce qu’il faut ce n’est pas juger toujours, juger tout le temps, c’est se demander d’époque en époque, de génération en génération, de quels moyens de vie disposaient les hommes, à quelles difficultés ils étaient en proie, quel était le péril ou la pesanteur de leur tâche, et rendre justice à chacun sous le fardeau. » Pourquoi la gauche n’entend-elle plus la voix de Jaurès ? (…)
Pendant que la gauche prônait le drapeau et la marseillaise, la droite voyageait dans l’histoire et ramenait l’un des plus charismatiques révolutionnaires au devant de la scène. La provocation de mauvais goût déclencha l’indignation et le petit nabot se défendit pathétiquement avec un simple «Jaurès n’appartient à personne !».
Le mal était fait, Jaurès n’appartenait à personne et devint manipulable par tous. Un élu FN, dont je ne citerai pas le nom (l’affiche a d’ailleurs été recadrée afin de masquer les informations relatives à l’évènement) a saisi le message et nous offre cette affreuse campagne de communication destinée à promouvoir un parti dont le modèle politique était tout ce que combattait Jean Jaurès.
Jean Jaurès n’appartient pas à tous , il appartient à ceux qui l’auraient soutenu dans ses combats, qui
militent aujourd'hui en son nom et qui respectent ses valeurs. Et il serait utile de rappeler que le FN ne peut utiliser la mémoire d'un révolutionnaire de gauche qui fut assassiné par un des
leurs (Raoul Villain).
Pour conclure, je citerai ces quelques lignes du sociologue Dominique Sistach tirées du journal L’Indépendant « Il n’y a dès lors plus de barrière morale car pour faire une cochonnerie pareille, il faut être sans vergogne. Ce n’est pas possible de faire usage de Jaurès de cette manière. Mais contre ça que peut-on faire ? Dénoncer, c’est participer au buzz, mais se taire c’est laisser passer cette usurpation historique. En tout cas, le degré zéro de la politique on y est. Ça fait flipper de voir des réactionnaires s’emparer de ça. »
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